Design de service
Lancer une application, ajouter une fonctionnalité à votre logiciel, proposer un nouveau service innovant, etc. Dans tous ces cas de figure, vous avez certainement dû réfléchir aux besoins de vos utilisateurs finaux.
Sachez que vous êtes probablement tombé dans l’un des pièges que nous tend notre cerveau et que les sciences cognitives appellent : les biais cognitifs (et c’est tout à fait normal) !
Définition des biais cognitifs :
À l’origine les biais cognitifs sont comme des “réflexes” qui nous permettent en tant qu’humain de “penser plus vite” en développant des raccourcis mentaux.
Ils tordent la réalité en nous amenant à faire de potentielles erreurs de jugement, de perception, ce qui nous conduit parfois à prendre des décisions insensées.(source : Science Avenir)
Si certains biais ont un impact notre manière de concevoir des solutions et de prendre en compte les besoins de nos utilisateurs, ils influencent et complexifient aussi la façon dont les utilisateurs peuvent exprimer leurs ressentis et attentes lors de nos travaux de recherches.
Malheureusement, il y a de fortes chances que ces recherches ne soient pas objectives car nous aurons naturellement l’envie de chercher des informations et des preuves qui se rapprochent de nos idées de départ au risque de passer à côté des besoins réels des utilisateurs.
Un des processus qui pourrait expliquer cette situation serait le biais de confirmation qui est la tendance à chercher, à interpréter et à se concentrer sur des informations d’une manière à confirmer ses idées préconçues et ses préjugés tout en négligeant celles qui les remettent en cause.
Sans formation ni expérience, nous avons naturellement tendance à nous mettre “à la place de…”. Le biais de disponibilité peut engendrer un tel phénomène qui amène à penser à tort que nous aurons assez d’informations en nous contentons de nos expériences et informations immédiates pour raisonner. En nous basant principalement sur notre propre expérience, nous passons à côté de la pluralité des contextes, d’expériences, des enjeux etc. Ce qui appauvrit notre réflexion et nous limite.
Si nous nous basons uniquement sur l’avis d’un utilisateur en fin de test en lui demandant comment celui-ci s’est passé, nous risquons de nous retrouver face à un testeur qui aura tendance à dire que tout s’est bien déroulé, en oubliant les points bloquants.
Ici c’est le biais de la règle du « point culminant et fin » (peak–end rule) qui peut expliquer cette situation. Ce biais se réfère au fait que les gens jugent une expérience en grande partie en fonction de ce qu'ils ont ressenti à son apogée, à son point culminant, le plus intense, et à sa fin, plutôt qu'en fonction de la somme totale ou de la moyenne de chaque moment de l'expérience.
Un utilisateur aura du mal à prendre conscience de ce que son interlocuteur connaît du sujet et aura tendance à trouver certaines “informations logiques” en les gardant pour lui.
On pourrait évoquer la malédiction de la connaissance pour expliquer cette situation. C’est un biais cognitif qui survient lorsqu'une personne, communiquant avec d'autres personnes, suppose inconsciemment que les autres ont plus ou moins les mêmes connaissances qu’elle pour comprendre.
Nous ne pouvons pas nous contenter de demander simplement de quoi nos cibles ont besoin. Il faut partir du principe que nos utilisateurs finaux ne réussiront pas seuls à les expliciter. En gros, il faut leur tirer les vers du nez !
Il existe plus de 180 biais cognitifs au total, il est donc impossible de tous les maîtriser. L’important ici n’est pas de tous les connaître mais de savoir identifier les plus courants afin de mieux déjouer les pièges qu’ils nous tendent.
Il n’y a pas de solution magique, mais voici ce que nous mettons en place chez Impact positif pour minimiser l’effet des biais cognitifs lors d’un projet de conception :
La conception d’un nouvel outil ou d’un nouveau produit requiert une vraie méthodologie et la mise en place d’outils pour bien comprendre les besoins des cibles que l’on veut toucher. Les boîtes à idées, les questionnaires, etc. sont une première étape mais ne suffisent pas pour déjouer les pièges que notre cerveau nous tend…
Le 6 février 2022 par Guillaume Claus