Vie de l'agence
Les 20 et 21 juin derniers, nous participions à la 8ème édition des FLUPA UX DAYS à Paris, l’évènement qui réunit les professionnels et les curieux du design d’expérience utilisateur. Organisé par FLUPA, l’association francophone des professionnels de l’UX, cet évènement de 2 jours était l’occasion parfaite pour partager, s’inspirer et apprendre au cours des différents ateliers et conférences proposés.
Cette année, les FLUPA UX DAYS c’était :
En tant qu’animateurs de l’antenne UX FLUPA Alsace, cet évènement était également l’occasion de rencontrer les membres des autres antennes françaises tout en y participant en temps que bénévoles.
Lors de la journée du jeudi, près de 11 ateliers étaient proposés sur des sujets divers tels que le Whiteboard Design Challenge, le Focus Game, la Journey Mapping ou encore la Dataviz.
Ces ateliers furent l’occasion de découvrir de nouvelles méthodes comme par exemple des outils pour humaniser les personae tout en impliquant les utilisateurs dans le process lors de l’atelier #Pinocchio, ou encore partager nos expériences, nos difficultés ou nos astuces pour encourager la recherche utilisateur auprès des entreprises.
Parmi les clés que nous avons relevé, nous pourrons noter qu’il sera intéressant d’impliquer toutes les équipes du clients ainsi que les décideurs lors de workshops destinés à intégrer les méthodes petit à petit, que les discussions informelles autour de la machine à café peuvent être un bon moyen de diffuser un état d’esprit centré sur les utilisateurs et capter les besoins ou encore que le rôle du designer est aussi d’aider les Product Owners à convaincre leur hiérarchie en leur fournissant des outils et des argumentaires en faveur d’une démarche UX.
Le vendredi aura réunis non loin de 1000 personnes, parmi lesquelles des professionnels de l’UX, des curieux ou encore des entreprises venues s’inspirer et s’imprégner des démarches centrées utilisateurs auprès des nombreux speakers présents. Retour sur quelques conférences qui nous aurons notamment marquées.
La journée du vendredi s’est ouverte par la Keynote de Steve Krug, auteur de l’ouvrage de référence Don’t make me think qui traite des interactions homme-machine et de la convivialité du Web. Steve Krug nous a rappelé qu’il est de la responsabilité des designers de délivrer des expériences utiles, utilisables et appréciable et non de d’intégrer des « dark patterns » destinés à induire l’utilisateur en erreur ou à l’inciter à réaliser des actions inutiles.
Saviez-vous que certaines machines à sous sont prévues pour s’arrêter juste à quelques centimètres du jackpot, vous donnant l’impression que vous êtes proches du but, vous délivrant ainsi une dose d’adrénaline qui vous incitera à continuer à jouer ? Comme l’a indiqué Steve Krug, « Persuasion » peut être un terme poli pour dire « Manipulation »… Le rôle du designer est bien de faire preuve d’empathie vis-à-vis des utilisateurs pour s’assurer de créer la meilleure expérience qui réponde réellement à leurs besoins.

Une superbe illustration de la keynote par Suzanne Decreme
Le design systémique expliqué par Patrick Maruéjouls
Co-fondateur et Design lead chez Haigo, Patrick Maruéjouls a partagé avec nous son questionnement lors d’un évènement critique dans sa vie, choisir un modèle de petite cuillère. Cela peut paraitre futile de prime abord, après tout une petite cuillère est avant tout définie par sa fonction, vous permettant notamment de saisir des aliments, elle est définie par sa forme, là libre à vous de choisir celle qui vous plait le plus, mais vous êtes vous déjà demandé quel aura été le processus d’obtention de cette petite cuillère ? Quelle est réellement l’empreinte carbone de cette petite cuillère ? Ou encore quelle est l’énergie grise (quantité d’énergie consommée lors du cycle de vie d’un matériau ou d’un produit : la production, l’extraction, la transformation, la fabrication, le transport, la mise en œuvre, l’entretien et enfin le recyclage) consommée par cette petite cuillère ?
Patrick Maruéjouls nous rappelle qu’un produit appartient avant tout à un système global et que ce même produit aura divers impacts sur ce système, impacts que bien souvent nous ignorons. Voici les quelques clés délivrées pour prendre en compte ces notions de design systémique dans notre métier de designer:

1 personne sur 13 dans le monde souffre de troubles anxieux, 5 millions de français souffriraient d’au moins un trouble anxieux et cela sans compter ceux qui ne sont pas diagnostiqués. « L’anxiété est un sentiment d’inquiétude, de nervosité, ou de malaise par rapport à l’incertitude » et elle peut prendre différentes formes comme le trouble de stress post-traumatique, la phobie spécifique ou encore le trouble d’anxiété sociale. Ces troubles peuvent limiter nos capacités, devenant ainsi un handicap, mais comme le présente Charlotte Breton Schreiner, plutôt que de parler de handicap, nous pouvons dire que « ce qui est normal pour la plupart des gens ne l’est pas pour tous ».
Face à ces constats, il est de la responsabilité des designers d’imaginer des solutions qui prennent en compte les besoins spécifiques des personnes souffrant de handicap, des solutions inclusives. Mais alors comment ?
Nous pouvons relever notamment les travaux de MICROSOFT sur l’Inclusive Design, un framework qui permet de développer l’empathie par rapport à différents niveaux de handicaps physiques.

Un handicap peut prendre différentes formes
Sur la base de ces travaux, Charlotte Breton Schreiner propose de designer en incluant les handicaps mentaux comme l’anxiété, avec la principale difficulté qu’un handicap mental peut être beaucoup plus difficile à déceler car potentiellement non visible. Il est donc nécessaire de se placer dans un état d’esprit anxieux pour pouvoir transformer des expériences stressantes en expériences calmes, notamment grâce aux 3 clés proposées:
Marc Stickdorn, co-fondateur et PDG de More than Metrics a su interpeller les designers présents lors de cette keynote de clôture en nous rappelant l’importance du contexte dans lequel les produits sont utilisés et qu’il est primordial de tester les solutions auprès des réels utilisateurs. Quelles que soit les méthodes, il est essentiel d’embarquer les clients et les utilisateurs dans les démarches de design de service. Et pour se faire, les 12 commandements du design de service tu appliqueras :
Pour conclure, peu importe le process utilisé, le rôle du designer est avant tout de « construire la scène et laisser les gens raconter leurs histoires et non raconter l’histoire soi-même ».

Il s’agit là d’un simple extrait des conférences qui nous ont marquées, nous n’oublions pas non plus les interventions de Pauline Thomas (Le Laptop) sur le Design Sprint, de Morgane Peng (Société générale) sur le Design et la Stratégie ou encore le retour d’expérience de Laure Constantinesco et Chloé Girard (Octo Technology) sur la conception de L’Appart by Leroy Merlin.
L’ensemble des conférences sont à retrouver sur la chaine Youtube de FLUPA.
Ces deux jours nous rappellent que les produits et les services que nous concevons sont avant tout destinés à des humains qui vont les utiliser et qu’il est de la responsabilité des entreprises et des designers de concevoir des expériences utiles, utilisables et mémorables pour tous.
Alors, prêts à placer l’expérience de vos clients au coeur de votre innovation ?
Le 5 juillet 2019 par Pierre Fritsch